vendredi 1 janvier 2010

31.

C'est l'hiver, il fait froid, on vient de passer en 2010, on reste un peu au chaud le temps d'une journée en regardant par la fenêtre la neige qui ne fond pas. Si ce n'est pas votre cas, vous pouvez toujours écouter ce petit morceau d'Owen Pallett, qui s'y accorde parfaitement. Le Canadien, qui a longtemps officié sous le pseudonyme de Final Fantasy et qui fut aussi membre du groupe Arcade Fire, compose de petites fables lyriques et imagées à l'aide de son violon et d'orchestrations gracieuses. Alors si vous ne savez pas quoi faire de 2010, attendez son prochain album Heartland, et d'ici là, voici "Peach, Plum, Pear", extrait de l'EP Young Canadian Mothers sorti en 2006.

Peach, Plum, Pear - Final Fantasy - 2006


En général, je ne suis pas certain d'où mes proches amis français passent leur réveillon. Par contre depuis hier soir je connais l'endroit où tout Södermalm est venu faire sauter le bouchon de sa bouteille de champagne. Ici on finit l'année avec tout son quartier, et on la commence de la même manière, dans une bonne humeur populaire et collective.


Ce trente-et-un décembre à vingt-trois heures, l'envie nous a pris d'aller faire un tour de luge dans le parc d'à côté. Rien de plus normal lorsque l'on habite près d'un parc rempli de pentes, et que l'on vient de s'acheter une luge de surcroît. Depuis quelques heures déjà, on pouvait entendre quelques pétards résonner ça et là dans les rues de Stockholm. Après quelques descentes en luge puis un temps à observer l'horizon qui se voyait de plus en plus coloré par des feux d'artifices de plus en plus conséquents, commencent à affluer vers nous quantité de personnes venant de plus en plus loin. Alors que nous cultivions nos allures de touristes à travers de ridicules cascades sur arrière-train, et après quelques remarques sur le cocasse de la situation, nous nous rendons compte que quelque chose se trame : lorsqu'un 31 décembre à 23h50, toute une île semble s'être donnée rendez-vous en un point précis, il y a de quoi mettre la puce à l'oreille. Le temps d'un bref retour à l'appartement pour chercher les retardataires, et nous voici au milieu d'une foule aux anges, face à un panorama zénithal sur un Stockholm multicolore d'un bout à l'autre, en pleine fête populaire, entre hurlements festifs et détonations de poudre. D'un peu partout dans la ville et d'un peu partout dans le parc étaient tirés des feux d'artifice : ce sont d'ailleurs les seuls éléments qui puissent rapprocher cet évènement à notre bien-aimée fête nationale : bien loin de l'académisme d'un 14 Juillet, le réveillon de la nouvelle année appartient ici aux "gens". Les quartiers se sont réunis pour composer les bouquets finaux, et tout le monde a acheté ses quelques fusées pour illuminer le ciel de la capitale le temps de la soirée. C'est ainsi qu'en passant, on voit partir à gauche et à droite tous types de fusées, lancées dans des bouteilles vides tenues par quelques voisins, acclamés par tout le quartier agglutiné un peu plus haut sur la colline. Sur le chemin du retour, on se la joue "pingouin" en descendant la colline sur les fesses ou sur le ventre, sur une piste verglassée déblayée par une bande de gais-lurons, sous les acclamations et les flashs des passants. Vous comprendrez que l'appareil photo a globalement été délaissé au profit des yeux. C'est donc dans une ambiance plus que sympathique que nous sommes passés en 2010. Gott nyt år !

1 commentaires:

  1. Nous aurons loupé ça.

    Voir les mamies suédoises faire de la luge un 1er janvier au matin, bouteille de glögg à la main, cela doit être exceptionnel.

    Bonne année à vous deux,

    Laura et Sim, qui ont chaud ici...

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