lundi 9 novembre 2009

Les Œillères


Plus je vois de choses de cette exotique contrée, plus j'accumule des morceaux de réfléxions sur des éléments, des personnes, des états d'esprit, des lieux. Evidemment, pour mesurer ce qui m'entoure, le premier geste est de comparer ce qui m'est étranger à ce que je connais. Les maisons sont moins hautes à Stockholm qu'à Paris, les gens sont plus calmes dans les rues d'ici que dans les rues de là-bas, et caetera.

Mais il est difficile d'étudier ce que l'on voit, lorsque l'on est conscient de l'étroitesse du champ de vision. Nous avons vécu Stockholm toute la journée et dans différents lieux au mois de Septembre, mais de l'hiver, je ne connais la ville que de 18h à 21h ouvrés. Je ne verrai pas l'été. Mon réseau social Suédois étant, mine de rien, plutôt limité, je ne peux avoir de vision globale de ce qu'est la vie d'une personne à Stockholm. Alors ne parlons même pas de "la vie en Suède".

Deuxième difficulté, à quoi comparer "la vie en Suède", sinon à "la vie en France" ? Se pose alors l'évidente question de ce que je connais de la vie en France. Les études dans une école supérieure semi-privée engendrent un réseau social qui se développe plutôt dans une classe sociale favorisée. Le lycée d'Etampes est un lycée général public d'une banlieue colorée et globalement assez tranquille comparée à d'autres. L'animation auprès des enfants dit difficiles me met au contact de personnes au contexte familial et social extrêmement difficile, mais je n'évolue pas dans le même contexte qu'eux. Je ne connais pas la jet-set et je ne connais pas la misère. Aussi poussé soit-il, un regard sur les seules choses que l'on voit ne peut donner l'image de ce que sont les choses en réalité.

Déjà qu'il est impossible pour moi de parler de "La France" sans émettre de honteuses généralités, je vous laisse imaginer ce qu'il en est pour "La Suède". Pour compenser, je pourrais désormais copier/coller de cet article en préambule à chacune de mes réfléxions...

Tout ce que je pourrai penser sera nécéssairement limité, on voit forcément le monde à travers le trou de serrure de notre regard unique. Alors tant qu'à faire, autant garder ça en tête, regarder les choses naïvement et tirer le mieux que l'on peut de ces détails de vie, ça prend déjà assez de temps, et c'est déjà assez passionnant.

2 commentaires:

  1. Je m'incline devant cette réflexion, elle est parfaite et nécessaire.

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  2. J' admire ta sagesse ! Cela prouve que tu es prêt a accueillir pleins de nouvelles idées en tous genres. C'est bien parce qu'il faut bien reconnaître que nous vivons tous dans des milieux très restreints !
    Les voyages forment la jeunesse !

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